Vous commencez à connaître la chanson, j’ai toujours au moins une paire de chaussettes sur les aiguilles quand ce n’est pas deux ou même trois ! Le but étant de porter ces chaussettes, je renforce très souvent les zones « à risques » : le talon et dans une moindre mesure les orteils.

Les différents talons de chaussettes

La méthode de renforcement dépend du type de talon que l’on a choisi de tricoter. Avant de renforcer son talon, il faut savoir si le renforcement se fait pendant le tricot ou après, au risque de se retrouver un peu bête et de devoir défaire une bonne partie de son travail ! Il existe plusieurs types de talons qui sont tous utilisables en tricotant les chaussettes par la pointe ou par la jambe. On peut globalement les classer en trois grandes catégories (même si certaines techniques sont un peu plus complexes que cela) :

  • Talon à bande (talon double / heel flap) : ce type de talon est constitué d’une partie travaillée à plat qui se place au niveau du tendon d’Achille et d’un gousset. On tourne le talon à l’aide de quelques rangs raccourcis. C’est mon type de talon préféré car le renforcement se fait pendant le tricot. Une fois que le tricot est fini, c’est réellement fini !
  • Rangs raccourcis (short row heel) : cette catégorie de talons est travaillée comme son nom l’indique en rangs raccourcis. D’abord « en descendant » c’est-à-dire en diminuant progressivement le nombre de mailles puis « en montant ». On y reprend les mailles précédentes au fur et à mesure, jusqu’à retrouver le nombre de mailles initiales. Je ne suis pas une grande grande fan de cette méthode car le plus souvent les talons en rangs raccourcis sont tricotés en jersey. Même si l’on renforce le talon, le jersey reste toujours plus fragile et demandera plus d’entretien. Quitte à tricoter un talon en jersey, je préfère faire un talon « après-coup ».
  • Talon après-coup (afterthought heel) : c’est un des talons les plus simple à réaliser à mon goût. Lorsque l’on arrive au talon, on tricote une laine auxiliaire en lieu et place du talon et on continue à monter la chaussette. Une fois le corps de la chaussette finie, on enlève la laine auxiliaire, on place les mailles sur les aiguilles et on travaille le talon en rond, tout comme les orteils. Idéal pour les transports car on a pas à s’inquiéter de ne pas finir les rangs raccourcis avant sa station, il est idéal pour préserver les dégradés ou jeux de couleur tout du long de la chaussette. C’est le talon anti-prise de tête par excellence !

Le renforcement du talon dépend du type de talon utilisé, ou plus exactement du point utilisé pour tricoter le talon.

 

Renforcement des talons par doublement du fil

Il est tout à fait possible de tricoter une chaussette en fil 100% naturel et de ne renforcer que le talon avec un fil auxiliaire en synthétique. Il suffit de tricoter les deux fils en même temps juste sur cette partie là et le talon est magiquement plus solide ! C’est peut-être la méthode de renforcement la plus simple et celle qui peut paraître la plus naturelle.

Niveau choix du fil, c’est un peu selon vos envie : laine Saint-Pierre (50% laine – 50% polyester) ; fil Wooly Nylon (un peu dur à trouver en France) ou un fil mousse synthétique équivalent — Je n’ai testé que la laine Saint Pierre, j’ai lu beaucoup de choses positives sur les deux autres mais je ne peux pas vous garantir ce que ça donne.

Mon conseil : choisissez un fil assez fin et n’hésitez pas à descendre d’une taille d’aiguilles si vous avez tendance à tricoter un peu lâche. Comme le fil est doublé, les mailles sont légèrement plus grosses que des mailles normales et cela peut s’en ressentir après dans la chaussure.

 

Renforcement des talons en jersey par tissage

Dans la majorité des cas, les talons en rangs raccourcis et après-coup sont tricotés en jersey. Bien sûr, il est toujours possible de tricoter ces talons avec des points différents mais il va falloir une bonne dose d’adaptation à cause des rangs raccourcis / diminutions qui sont utilisés pour former le talon. Moralité, il vaut mieux effectivement les tricoter en jersey et renforcer APRÈS si l’on ne veut pas doubler son fil comme dans la technique précédente.

Le but est assez simple : comme d’habitude, il faut ajouter une épaisseur de fil pour assurer une bonne tenue du talon. Pour cela, on va travailler sur l’envers de la chaussette et tisser un fil dans la partie du talon qui monte sur le talon d’Achille. C’est là où les chaussettes frottent le plus sur les chaussures et où la majorité des trous se forment. Ce n’est pas forcément nécessaire de le faire sur la deuxième moitié du talon (celle qui est en dessous du pied) sauf si vous vous rendez compte qu’elle s’abîme elle aussi rapidement.

Au niveau du choix du fil, on est en réalité assez libre avec cette méthode : que ce soit avec le même fil que celui utilisé pour le tricot lui-même ou un fil autre, le tout est qu’il ne soit pas trop épais pour que ça ne devienne pas désagréable lorsque l’on porte les chaussettes. Ici j’ai choisi un fil de renfort de talon Lang que j’ai trouvé chez Manor mais un fil classique fera aussi très bien l’affaire.

 

Apprendre à tricoter des talons « après-coup », les renforcer et aussi comment réparer les trous une fois qu’ils sont apparus sont au programme de l’atelier Perfectionnement Chaussettes du 24 juin chez Le Chat qui Tricote (Aix-en-Provence). Pour retrouver toutes les informations et vous inscrire, c’est par ici.

Inscription Cours Chale

 

Quelques conseils supplémentaires

  • Certains patrons proposent de continuer le motif assez bas sur la jambe, avec de fait un « petit » talon. Si le point utilisé est constitué de mailles envers et endroit, aucun souci. Si c’est de la dentelle, il est peut-être plus avisé de s’arrêter un peu plus haut et d’étendre légèrement la hauteur du talon, pour éviter tout accident malencontreux. Et d’éviter les laines singles pour ce genre de patron. #faitescequejedismaispascequejefais
  • Je suis une inconditionnelles des laines 100% naturelles. Même légèrement butée et têtue sur la question. Mais les chaussettes dérogent un peu à la règle et j’accepte jusqu’à 25% de nylon dans la laine que j’utilise pour les tricoter. Cela assure une meilleure durabilité et permet un raccommodage plus facile.
  • Les orteils s’usent aussi beaucoup. Si vous voulez vous pouvez les renforcer de la même manière.

 

Liens utiles :

  • Patron des chaussettes présentées ici : Premier Flocon – disponible en version par la jambe (cuff down) ou depuis la pointe (toe up).

  • Liste des points de vente des laines LANG disponible ici.

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  1. roxane62 8 juin 2017 at 13h54 - Reply

    Merci pour ce post très intéressant, il va falloir que je songe à utiliser ces techniques pour renforcer mes chaussettes.

    • Chloé Tisserin Coquet 15 juin 2017 at 10h44 - Reply

      C’est une petite astuce qui peut servir à économiser pas mal de raccommodages, surtout que le tissage est faisable même après avoir porté ses chaussettes un certain temps ! Longue vie à tes chaussettes 😉

  2. Marie 14 janvier 2018 at 20h46 - Reply

    Je me suis lancée un défis chaussette 2018 donc hop, article dans ma boîte à ressource sur la question. C’est plein de bonnes astuces qui font parti de ma quête 🙂 Merci. Un atelier prévu sur Paris ?

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