Pourquoi et Comment tricoter un échantillon | Dans le nid du tisserin

Si il y a bien une chose que je déteste au tricot, c’est tricoter un échantillon. Mais, si il y a bien une chose sur laquelle je ne fais pas l’impasse au tricot, c’est tricoter un échantillon.

Anatomie d'un échantillon | Pourquoi tricoter un échantillon | Dans le nid du Tisserin

Un échantillon, kézako ?

Chaque tricoteur est unique. Nous tenons tous notre laine différemment, tricotons avec des aiguilles en matériaux différents et surtout avons une tension de fil différente. C’est pourquoi, lorsque l’on publie un patron, on indique toujours notre échantillon. Pour que les autres tricoteurs puissent adapter le patron à leur façon bien à eux de tricoter.

Un échantillon consiste donc à tester la laine, le point, les aiguilles et même la façon de laver que l’on utilisera dans la pièce finale. Le but du jeu est de faire exactement pareil, pour pouvoir se positionner par rapport à l’échantillon donné dans le patron ; si l’on diffère de trop de celui-ci, il faudra adapter notre laine/aiguilles/nombres de mailles (ou même les trois) pour obtenir les dimensions voulues.

Concrètement, les échantillons spécifiés dans un patron ressembleront à ça :

[su_quote cite=”Châle Archégone (bientôt disponible) – Tisserin Coquet”]Après lavage et séchage complet : 30 m x 36 rgs = 10 x 10 cm / 4 x 4 po en jersey[/su_quote]

Pour pouvoir comparer à l’échantillon donné dans le patron, on va donc tricoter un carré  dans le point spécifié (ici en jersey) de 15 cm de largeur par 15 cm de hauteur (pour avoir un peu de marge). Il suffit ensuite de compter le nombre de mailles et de rangs nécessaires pour obtenir 10 cm et on a notre échantillon.

Si la police du tricot existait, je me ferais taper sur les doigts assez souvent. En réalité, je fais assez souvent des échantillons. Certes, pas à chaque fois, typiquement, pour des châles ou des pièces où la taille n’est pas cruciale, je me lance en général directement (mais j’ai déjà eu une belle surprise avec un châle minuscule et importable donc ce n’est franchement pas une chose à faire). Ce qui fait hurler mes tricopines beaucoup plus raisonnables que moi, c’est que je fais des échantillons MINUSCULES. Je suis loin des 15×15 cm en général et ma moyenne doit plutôt tourner autour des 5 à 7 cm de côté. Ça m’arrive de m’en mordre les doigts mais je n’ai juste pas la patience de faire un vrai échantillon gigantesque. Personne n’est parfait  

Le cas du tricot en rond

Dans le cas d’un tricot en rond, la règle est la même que précédemment : on reste le plus proche possible de la pièce finale. Donc il faut également réaliser l’échantillon en rond.

Pourquoi est-ce différent d’un échantillon en aller-retour ? Parce qu’on a en général pas la même tension sur les mailles endroit et envers, qui ont tendance à être plus lâche que les premières. Or, lorsque l’on tricote du jersey en rond, on ne tricote en réalité que des mailles endroit, donc notre échantillon sera différent.

La technique la plus simple est de faire un plus gros échantillon : 15 cm sur chaque face. Vous vous doutez bien que je n’ai JAMAIS FAIT CA. Une aberration et surtout une perte de temps et de laine totale selon moi.

Tricoter un échantillon en rond | Pourquoi tricoter un échantillon | Dans le nid du Tisserin

Du coup, le derrière ressemble à un gros pâté de laine XD

La solution est d’utiliser des aiguilles doubles pointes ou des aiguilles circulaires. On tricote le rang normalement et au lieu de retourner le tricot pour repartir à l’envers, on le déplace jusqu’à pouvoir commencer le nouveau rang exactement au même endroit que précédemment : tout à droite de l’endroit du travail. Le secret est de laisser la laine courir derrière le tricot, bien bien lâche. Comme cela, on tricote toujours à l’endroit, tout comme dans un vrai tricot circulaire !

Mesurer son ÉCHANTILLON

Rien de plus simple. Il suffit de placer une règle ou un mètre sur l’échantillon et de compter le nombre de mailles et de rangs que l’on a dans 10 cm. Il faut juste faire attention à mesurer bien droit pour avoir un comptage correct.

Mesurer son échantillon | Pouquoi tricoter un échantillon | Dans le nid du Tisserin

“Mon échantillon ne correspond pas à celui du patron et j’aime tellement le modèle que je veux tout pareil, que faire ?”

En général, il faut être honnête, on ne tombe pas sur le même échantillon que celui indiqué dans le patron.

Si l’on prend mon exemple : je tricote lâche. Je sais que j’aurais toujours légèrement moins de mailles que quelqu’un qui tricote de manière classique ou un peu serré. Donc je prends en général une taille d’aiguilles légèrement plus petite que celle indiquée dans le patron.

Les deux cas les plus classiques sont :

  • on a plus de mailles dans 10 cm que ce qui est indiqué dans le patron = on tricote plus serré. La première chose à faire est d’essayer d’augmenter la taille des aiguilles que l’on utilise d’un cran, par exemple utiliser des aiguilles 4.5 mm à la place d’aiguilles 4.0 mm
  • on a moins de mailles dans 10 cm que ce qui est indiqué dans le patron = on tricote plus lâche. Cette fois-ci, au contraire, on veut resserrer notre tricot donc on prend des aiguilles plus petites que celles indiquées, par exemple 3.75 mm à la place de 4.0 mm

Et on recommence, on refait un échantillon et on compte notre nombre de mailles, etc.

Pour éviter de s’embêter à tricoter trouzemillions d’échantillons, en général  je procède ainsi : je tricote un carré avec les aiguilles indiquées dans le patron, puis si je trouve le tricot trop lâche, je descend d’un cran en aiguilles et je continue sur le même échantillon, etc. Cela me donne une bande avec des sections tricotées dans différentes aiguilles. Cela permet de ne tricoter ce foutu échantillon qu’une fois et de tout compter à la fin.

Pourquoi tricoter un échantillon | Dans le nid d'un tisserin

Pour une fois, je ne tombe pas si loin que ça de l’échantillon du patron : 17 mailles à la place 18. Après avoir calculé la différence de taille que ça me donnera à la fin, j’ai choisi de tricoter une taille M et d’avoir un peu plus d’aisance que celle proposée.

“Mon échantillon ne correspond pas à celui du patron mais j’aime bien le tombé de mon tricot, que faire ?”

Oui, alors là, ça, ça m’arrive tout le temps ! Typiquement, pour un châle on peut aimer un tombé très coulant ou pour un pull, avoir quelque chose de plus ferme que ce qui est proposé. Enfin, vous saisissez l’idée. Pour un châle ou un accessoire ce n’est pas un drame, en général, je me contente de tricoter la pièce selon le tombé que j’aime bien en priant très fort le dieu du tricot pour que j’ai assez de laine.

Pour les pulls, c’est une autre affaire et il n’y a plus qu’une solution : dégainer la calculette et tout recalculer à travers une règle de trois (oui, oui, moi aussi je vous aime très fort).

Ce qui peut arriver si vous avez de la chance, c’est de retomber proche ou sur une taille déjà existante. Dans ce cas là, jackpot, il n’y a plus qu’à suivre ces indications. Sinon, il faut tout recompter. Ce n’est pas si terrible que ça parait et ça se fait très bien honnêtement. Et vous aurez votre pull de rêve, à vos mensurations (de rêve aussi) qui tombera tellement bien que tout le monde tombera comme des mouches à vos pieds — oui, bon j’exagère un peu, mais juste un peu, promis ça fait une grosse différence !

Voilà, maintenant vous savez tout sur tout sur les échantillons. Yapluka !

 

Faites vous partie de ces tricoteurs super courageux qui font un vrai échantillon 15x15cm ? Etes vous un tricoteur sans peur qui ne tricote jamais d’échantillon ? Avez vous une meilleure technique pour les échantillon en rond ? N’hésitez pas à partager tout ça dans les commentaires !

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  1. agnes1601 17 décembre 2015 at 18h16 - Reply

    Je suis plutôt une tricoteuse sans peur (selon vos termes) et je ne tricote que rarement un échantillon, mais quelquefois quand même je le fais surtout quand j’hésite au niveau du fil à utiliser. Je le conseille par contre tout le temps aux débutantes.

    • Chloé Tisserin Coquet 17 décembre 2015 at 18h23 - Reply

      Si je tricotais un peu plus “dans les clous”, je m’en passerai bien ! Mais comme je tricote lâche, voire très lâche pour certains points / types de fils j’ai déjà eu quelques surprises alors maintenant je me force 😉

  2. agnes1601 17 décembre 2015 at 18h42 - Reply

    Moi c’est plutôt le contraire, je tricote un peu serré mais toujours de la même façon, donc j’arrive toujours à recalculer. Comme je tricote la majeure partie de temps en une pièce, je trouve toujours une solution.

  3. Virginie 17 décembre 2015 at 18h49 - Reply

    Perso je ne fais jamais d’échantillon…. et j’ai aussi de temps en temps des surprises! mais dans l’ensemble, je m’en tire pas trop mal. Bien sûr, à chaque fois, je me dis: la prochaine fois j’en fais un et total, je repars avec mes vieilles habitudes de tricoteuse ( on ne m’a pas appris à commencer par l’échantillon quand j’ai fait mon premier tricot à 10 ans)

    • Chloé Tisserin Coquet 17 décembre 2015 at 19h09 - Reply

      J’ai découvert les échantillons sur le tard moi aussi !
      Pour un de mes pulls, j’avais commencé sans faire d’échantillon, résultat je me suis retrouvée avec quelque chose à peu près trois fois ma taille. Je me suis acharnée un peu, après 8 ou 9 montages/démontages au pif, j’ai fini par faire un échantillon et tout recalculer. Ça m’a servi de leçon !

  4. Mon Billet Poudré 17 décembre 2015 at 19h30 - Reply

    Merci beaucoup pour ce post très instructif!
    Tu le sais, je suis la plus débutante des tricoteuses. MAIS je connaissais le principe de l’échantillon. Cependant, je ne les fais jamais et c’est un tord puisque je me suis souvent retrouvée avec des snoods (je ne tricote que ça héhé) plus larges que ce que je voulais…En plus d’avoir appris sur les échantillons, j’ai appris comment le faire et surtout comment l’interpréter avec un patron ce qui me servira si un jour j’arrive à en suivre un!
    J’ai aussi appris à quoi pouvaient servir des aiguilles à double pointe, qui sont de vrais mystères pour moi! 😉

    • Chloé Tisserin Coquet 17 décembre 2015 at 19h48 - Reply

      Evidemment que tu y arriveras ! Il suffit de se lancer et ça viendra tout seul 😉
      Je suis bien contente que l’article t’ai appris autant de choses, j’ai hâte de voir tes futures réalisations maintenant !

  5. petitigloo 22 janvier 2017 at 13h57 - Reply

    Merci pour cet article que je découvre grâce à l’article sur le fil chaussette testé.
    Moi non plus, je ne suis pas une très très bonne élève, j’en fais très rarement. Je sais que je tricote lâche (parfois très lâche). Pour les chaussettes, il faut vraiment que je m’y mettes plutôt que de refiler le résultat à mon fils qui a des pieds plus grands que moi.
    Par contre, certains patrons de chaussettes n’ont pas de taille d’échantillon… Dans ce cas là, comment faire ??

    • Chloé Tisserin Coquet 22 janvier 2017 at 15h51 - Reply

      Pour les chaussettes, comme je disais dans mon article sur le choix de la taille, cela demande un peu d’expérimentation plus que de tricoter un vrai échantillon. Il faut réussir à trouver la bonne combinaison entre le nombre de mailles (= la taille S /M /L) et la taille des aiguilles. Je tricote lâche également, donc je tricote toutes mes chaussettes en 2.25mm et avec des aiguilles en carbones (les aiguilles métal glissent trop pour moi, cela rend mon tricot encore plus lâche). Je fais du 39 et même si mon pied est assez fin, mon mollet ne l’est pas donc je choisis la taille M pour que mon mollet passe et que mon pied ne flotte pas. Une fois que tu sais quelle taille et quelle aiguille il te faut, ça sera toujours pareil, quelque soit la paire !

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