De l’idée au patron de tricot

by Tisserin Coquet

Il faut un village pour élever un enfant, mais le dicton pourrait aussi s’appliquer à l’écriture de patrons de tricot. Publier un nouveau modèle de tricot implique beaucoup d’étapes et en général beaucoup de personnes.

Tout commence par une idée et un écheveau de laine, quelque soit celui qui arrive en premier. Parfois, la laine elle-même est l’inspiration, parfois le fil utilisé est adapté aux exigences du motif choisi, parfois vous devez ajuster les deux pour qu’ils correspondent l’un à l’autre. C’est pourquoi mon carnet tricot est rempli de nombreux dessins. Certains d’entre eux sont devenus des modèles et ont été publiés. Certains ne passeront probablement jamais à l’étape suivante.

Une fois que l’idée du modèle est fixée, il existe de nombreuses façons de procéder. Lors de mes premiers modèles, je ne préparais pas vraiment le travail en amont. Je dessinais un diagramme si besoin, j’attrapais mes aiguilles et c’était parti pour le tricot. Tout était écrit à la fin. J’essaie vraiment de ne plus le faire, sauf si je ne veux vraiment pas publier le modèle. Cela a ses avantages, comme de pouvoir créer quelque chose tout au long du processus, de ne pas s’inquiéter des modifications apportées au motif ou à la forme car rien n’est écrit, et d’une totale liberté lors du tricot. Mais cela a aussi ses inconvénients, comme d’écrire chaque rang pendant que vous tricotez si l’on souhaite publier le patron, dans un vrai cahier et non pas sur des feuilles comme je l’ai parfois fait, sinon il est bien trop facile de les perdre, ou encore de ne pas savoir si vous aurez assez de fil à la fin pour finir le prototype (et j’ai tendance à perdre à yarn chicken).

Ma façon actuelle de créer de nouveaux modèles consiste à tricoter d’abord un échantillon (voire même plusieurs), puis à écrire un brouillon dans mon cahier et à calculer en détail la longueur de chaque fil dont j’aurai besoin en fonction de mon échantillon pour adapter la forme ou la taille au besoin. Viennent ensuite les diagrammes, pour lesquels il faut s’assurer qu’ils sont adaptables à toutes les tailles voulues si nécessaire, parfois je les écris dans toutes les tailles directement d’ailleurs, et c’est seulement à ce stade-là, une fois que toutes ces étapes sont finies, que je commencerai à tricoter le prototype.

Une fois que le prototype est tricoté, bloqué et photographié, je transcris mes notes dans un document Word, en ajoutant tous les détails et les instructions que vous aurez dans le modèle final. Mon éditeur technique, James Bartley, édite alors le patron : il vérifie mon orthographe anglaise, recalcule tout ce qu’il y a à calculer, en s’assurant que chaque augmentation ou diminution est prise en compte, valide la clarté générale du patron et de sa mise en page, corrige les fautes de frappe, et parfois m’aide à exprimer / reformuler des choses si elles ne sont pas limpides. Il est vraiment doué et je suis ravie de travailler avec lui.

Une fois la première édition terminée, la balle est à nouveau dans mon camp. C’est à ce moment-là que j’ajoute le patron dans la mise en page finale et que je le traduis en français. Le patron est ensuite prêt à passer à la phase de test, où les testeuses le tricoteront tel qu’il est écrit, rattraperont les erreurs et les problèmes de clarté restants et valideront les différentes tailles et longueurs de fil que j’ai calculées. C’est une étape cruciale pour moi car mon objectif est de vous offrir les meilleurs patrons possibles. Si quelque chose n’est pas logique ou difficile à comprendre, elles me le diront et nous travaillerons ensemble pour trouver un moyen de l’améliorer et de le rendre aussi clair que possible. Je ne saurais trop insister sur l’importance cruciale des testeurs dans tout ce processus et je ne saurais les remercier assez de participer à cette aventure avec moi. À la fin du test, le patron passe à nouveau par James pour obtenir une relecture finale externe et une validation de la mise en page.

Au moment de publier le patron, mon travail n’est pas encore terminé. Je le promouvoir sur tous les  canaux possibles pour que vous en entendiez parler : Instagram, Facebook, Ravelry et auprès de la Nichée du Tisserin à travers une Nouvelle du Nid un peu spéciale. Cela prend beaucoup plus de temps qu’on peut l’imaginer, d’autant plus que ce n’est pas mon point fort.

Certains créateurs ont encore plus d’aide et plus de personnes impliquées dans la création de leurs modèles. Ils ont un photographe, un professionnel qui s’occupe de créer les différentes tailles d’un patron, un graphiste ou même un assistant pour les aider à promouvoir leurs modèles. Saviez-vous que cela implique autant d’étapes et de personnes pour publier un patron de tricot ?

Et après tout cela, vous êtes ceux qui donneront vraiment vie au motif pour le tricoter, car je crois vraiment qu’un modèle ne prend vie que grâce aux mains habiles de tous les tricoteurs qui le feront leur en changeant la couleur qu’ils utilisent, en le modifiant pour répondre au mieux à leurs besoins, ou même en le fusionnant avec un autre pour créer le tricot parfait qu’ils chériront au fil des ans.

 

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